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L'homme qui s'efface - en images - Un opéra de Pascal Charpentier

Ecrit et mis en scène par Frédéric Roels, d'après une nouvelle de Jean MUNO.
Pour en savoir davantage sur ce spectacle poétique et enchanteur, destiné à tous les publics, il vous suffit de cliquer ICI !
 
Ou encore de découvrir dans la Revue#5 de Musiques Nouvelles le dossier qui lui est consacré. Vous la trouverez dans nos lieux de concert, les médiathèques et sur demande en nous écrivant directement. Elle est aussi consultable en PDF : ICI.
 
Un reportage ICI !

Revue de presse

Article sur le site : Théâtre en Normandie
L'homme qui s'efface à l'opéra
Quand la musique fait s'envoler les mots...
 

C'est un très intéressant ouvrage que Frédéric Roels a fait découvrir à son public avec cet «Homme qui s'efface» créé à l'opéra de Rouen et qu'il a adapté d'une nouvelle de Jean Muno sur une musique de Pascal Charpentier.

Tenant d'une certaine manière de Mary Poppins pour l'innocence (et le parapluie») et de Folon - lui aussi belge comme Roels, Charpentier et Muno - pour la poésie, l'histoire raconte les péripéties d'un personnage si peu ancré dans la réalité des choses qu'il lui suffit d'un coup de vent un peu plus fort pour qu'il s'envole dans un voyage extraordinaire dont il refusera de revenir.

Un récit tout en demi-teinte qui se situe un peu sur terre de par le prosaïsme du discours et beaucoup dans les nuages de par le charme surréaliste qui s'en dégage.
 
C'est peut-être justement cette opposition entre ce qui est dit et chanté et ce qui est suggéré qui fait l'agrément de ce conte en musique dont les mots échappent au quotidien et s'envolent comme des notes.
 
Il faut dire que c'est la partition de Pascal Charpentier qui fait d'une certaine manière «décoller» le texte. C'est un superbe quintet à corde qui en concert se suffirait à lui-même. Il y a beaucoup de délicatesse dans le phrasé musical et un bel équilibre dans le travail subtil des sonorités et des volumes. L'ensemble baigne dans un climat résolument fauréen que restitue parfaitement l'ensemble Musiques Nouvelles.
 
Ce n'est pas d'une innovation éperdue mais c'est d'une grande intelligence, d'une grande clarté et d'une parfaite utilisation d'effets illustratifs qui accompagnent et soutiennent une mise en scène extrêmement adroite de Frédéric Roels. A l'aide d'éléments qui se plient aux actions successives et de belles projections qui ouvrent à l'espace scénique des perspectives panoramiques d'une réelle beauté, les événements auxquels les personnages sont soumis prennent l'air au propre et au figuré.
 
C'est intelligent, très évocateur et permet à la distribution de se mouvoir avec aisance dans ce grand livre d'images dont chaque page qui se tourne apporte une situation nouvelle.
 
A côté du chœur d'enfants de la maîtrise du conservatoire de Rouen qui assume avec vaillance de nombreuses et déterminantes interventions à la fois vocales et scéniques, la distribution dans son ensemble est excellente. Albane Carrère, Elisabeth Mouzon et Elodie Kimmel font valoir des voix d'une grande fraîcheur et assument leurs emplois, somme toute épisodiques, avec efficacité. Guillaume Paire affirme une belle et solide autorité vocale tandis que l'interprétation d'Alexander Knop met en évidence un timbre d'une grande richesse et une musicalité de mélodiste qui conviennent parfaitement à l'esprit dans lequel s'inscrit l'ouvrage, à savoir la retenue et l'élégance.
Photos : Isabelle Françaix.