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Au Son de Soi - Musique de chambre contemplative

Dans le cadre de la Semaine du Son à Bruxelles
Au son de soi est un hommage au compositeur polonais Henryk Gorecki, décédé ce 12 novembre 2010, dont l'œuvre introspective nous invite à un cheminement spirituel et émotionnel. Autour de sa pièce Lerchen Musik, vibrant rituel d'outre-tombe, Caris Mere de Giya Kancheli et Amos de Jean-Paul Dessy célèbrent cette même et pénétrante intuition de l'alliance profonde de l'être et du son. Entre silence intérieur et jubilation sonore…
 
Musiques Nouvelles: Maxime Desert (alto) - Jean-Paul Dessy (violoncelle) - Kim Van Den Brempt (piano) - Charles Michiels (clarinette) - Elise Caluwaerts (soprano)
 
Programme
 
Jean-Paul DESSY(Huy 1963*): Amos pour violoncelle seul (10')

Giya KANCHELI (Tbilissi 1935*): Caris Mere pour alto et soprano (1994) (8')

Henryk GORECKI (Czernica 1933 - Katowice 2010): Recitativa I ariosa Lerchen Musik pour clarinette, violoncelle et piano (1984/1985) (40')

Qu'est-ce que La Semaine du Son ?

L'homme est comme le lapin: il s'attrape par les oreilles! Entendre, écouter, ouïr, tendre l'oreille, ausculter, apprendre, bâtir, écrire, composer, sont autant d'actions que nous pouvons réaliser avec nos oreilles. Nos oreilles sont à la fois des outils remarquables et des pavillons qui nous font entendre - ou parfois subir - le monde dans lequel nous vivons. Et si nous y réfléchissions de plus près, l'ouïe est peut-être un sens négligé qu'il importe aujourd'hui de mettre en lumière.
 
«La Semaine du Son» est un événement international ambitieux qui se déroulera à Bruxelles du 24 au 30 janvier 2011. Dans différents lieux bruxellois, la Semaine du Son propose une série d'événements dont le but est d'initier le grand public à une meilleure connaissance de l'univers sonore et de sensibiliser tous les acteurs de la société à l'importance du son dans l'environnement de tout un chacun.
 
Développée en partenariat avec « La Semaine du Son» à Paris - association créatrice du projet et reconnue comme d'intérêt général à caractère social - la première édition belge proposera une semaine de manifestations sur les problématiques liées au son selon une approche transversale: une réflexion ouverte, informative et didactique dans le domaine de la création (les écritures du sonore, la musique, la radio, le cinéma, les installations vidéo…), dans le domaine de la diffusion (qualité, moyens et formes de diffusion, les supports…), dans le domaine environnemental (architecture, acoustique des lieux, nuisances sonores…) et dans celui de la santé (niveaux sonores, santé auditive, subjectivité des sons…).
 
Une sorte d'états généraux, mais aussi une fête de la connaissance et des pratiques du son au sens large, une occasion de comprendre cette part lumineuse et invisible de notre environnement qu'est le son.

Henryk GORECKI

6 décembre 1933, Czernicka - 12 novembre 2010, Katowice (Pologne)
 
Henry Gorecki se tourne assez tard vers la musique, ne commençant à l'étudier formellement qu'en 1952 à l'âge de 19 ans. Cependant, il ne tarde pas à recueillir les honneurs de la Haute Ecole Natiolnale Polonaise de Musique dont il est brillamment diplômé en 1961. S'il termine ses études musicales à Paris, où il entend Anton Webern, Olivier Messiaen et Karlheinz Stockhausen, il passe la plupart de son temps en Pologne où il enseignera, dès 1968, à l'Académie de Katowice jusqu'en 1979.
 
Son oeuvre, d'une grande variété de styles, vibre de force et d'émotion ; lente et contemplative, elle recherche avec pénétration l'expression véridique de ses racines musicales. Le musicologue Adrian Thomas souligne :
"Le passé musical de la Pologne, son Église et sa culture traditionnelle sont le rocher inébranlable sur lequel son identité, son héritage authentique ainsi que ceux de son pays, sont fondés."

Giya KANCHELI

Né le 10 août 1935 à Tbilissi, Giya Kancheli a quitté la Géorgie en 1991 et vit maintenant à Anvers avec son épouse, voyageant le plus possible entre ses deux patries. Sa musique trouve dans la mystérieuse rencontre du silence et des sons un espace liturgique où l'angoisse et l'espoir mêlés invoquent la lumière au cœur d'un paysage aride, sombre et déchiqueté. Elle oscille entre deux états extrêmes : une quête envoûtante lacérée de brusques éclats de colère qui, évoquant une profonde détresse, préservent de la torpeur. Son opéra Musique pour les vivants, écrit en 1982, bien avant l'exil, sur un livret de Robert Sturua, metteur en scène du théâtre Rustaveli de Tbilissi pour lequel il écrivit vingt-cinq musiques de scène, posait déjà les jalons de son œuvre plus tardive. L'art et la beauté pouvaient-ils sauver le monde ? Le musicologue Frans C. Lemaire, dans son ouvrage La musique du XXe siècle en Russie et dans les anciennes républiques soviétiques (Fayard, 1994, pp414-415), trace quelques repères dans l'univers du compositeur géorgien : "la beauté comme morale, le silence comme témoin du sacré, la musique comme liturgie".
 
Giya Kancheli lui-même définit sa musique comme "une page blanche avec une faible trace de larme séchée".
 
Cependant, si son œuvre révèle un profond mysticisme, elle se dégage de toute religiosité orthodoxe. Incantatoire, elle explore avec expressivité la dimension métaphysique de l'être humain, entre ascèse et illumination.

Représentations passées

29/01/2011
FLAGEY - Semaine du Son - 1050 Bruxelles

Photos : Isabelle Françaix, Droits réservés, La semaine du son.